Semaine 50

Cette semaine, du folk occitan, de la musique malgache et des prêches étranges ; ce que les LLM font au travail et à la création ; donner torts aux discours identitaires ; et quelques autres trucs en vrac.

J’aimerais bien que les LLM prennent moins de place dans ces revues, mais : c’est partout dans mes flux et ça me bouffe un temps de cerveau considérable malgré tout, donc pour le moment, ça sera un sujet ici. Et un sujet sur lequel j’ai croisé cette semaine des trucs qui m’ont suffisamment agacé (par le ton et par le propos) pour que je finisse par créer un dossier “grocervos” dans ma bibliothèque de marques-pages et que j’y glisse quelques articles et newsletters largement partagés.

Mais bon, plutôt que de m’agacer là dessus, autant relayer et parler des trucs qui en valent le coup, et de fait, la récolte était bonne cette semaine.


En musique

Un live :

Le Tiny Desk NPR show de Pulp C’est juste moi, ou Jarvis Cocker ressemble terriblement à un prof d’anglais. Ou alors à Rupert Giles ? : p

Tsapiky !

Une très chouette compilations de groupes du sud-ouest malgache, joyeusement bordéliques :)

Serpente

Cocahna en collaboration avec Pierre Desprat pour la BO d’un court métrage A noter tout particulièrement « Se ieu sabiái volar » et son ambiance presque post-rock.

« They shall take up serpents »

Trouvé en explorant le bandcamp du label Sublime Frequencies (où j’ai trouvé le « Tsapiky!  » ci-dessus), je suis tombé sur cet ovni : West Virginia Snake Handlers Revival

C’est un enregistrement live d’un sermon dans « la dernière église de snake handling », une pratique religieuse pentecôtistes où le pasteur et les fidèles manipulent des serpents venimeux et sniffent des chiffons imbibés de strychnine pendant la cérémonie.

Ce qui donne un mélange de rockabilly brinquebalant, de rants allumés, de cris du public, pour un disque incroyablement étrange et intense.

Dans une Interview, Ian Brennan, producteur de folk et spécialiste du field recording décrit cet enregistrement comme «“the most metal thing” he’d ever witnessed, rendering bands like Slayer “mere kids play”», et remets un peu de contexte social à cette église, située dans une des coins les plus ravagés socialement des US

SFF et Imaginaires

J’ai enfin pu rattraper la rencontre avec Sabrina Calvo aux Utos, que j’avais malheureusement raté.

Contre les fantasmes identitaires :

De la génétique en histoire :

Sur La Vie Des Idées, une recension de l’ouvrage de Patrick J. Geary « Comment la génétique réécrit l’histoire du Moyen Àge », à propos de son usage de génétique la génétique en histoire médiévale, et de comment ça a pu participer à mettre en évidence la diversité des groupes humains, à rebours des récits racialistes et des fantasmes identitaires d’homogénéité.

Gastronationalisme

Chez Pellicle, un article sur les fantasmes identitaires autour du vin et sur le gastronationalisme/

IA, LLM, etc

IA et travail

— Chez Blood in The Machine, les témoignages des rédacteurs privés de taf par l’IA

— Dans la newsletter Mystery AI Hype Theater 3000, Emily M. Bender et Decca Muldowney évoquent le rapport de Michael Geoffrey Asia sur le travail des petites mains de IA : The Emotional Labor Behind AI intimacy

IA et Création

Un très beau texte de Robert Kingett sur la “slopisation” de la création, The colonization of confidence

"you're not being hysterical, Robbie. They're colonizing the imagination," Sarah says softly. « That's what it is. Gentrification of the mind. They price you out of your own creativity. »

Sur une thématique assez proche, on peut lire Tante de Smashing Frame sur la nuance entre “creating” et “making” et sur le refus de toute forme de friction, de process, au profit d’une vision de la création comme “spontanée”, sans friction ni contacts, sans conséquences.

Carto populaire :

l’Atlas of Popular Transport, un projet d’atlas réunissant des projets de cartographies « par le bas » des réseaux de transports populaires à travers le monde :

In most cities around the world, the daily commute begins not with a schedule, but with a question : Where does this bus go ? For the billions who rely on popular transport systems—minibuses, tuk-tuks, shared vans, or repurposed school buses—that question is a daily leap of faith. These systems exist in nearly every city across the Global South, yet in most places, no official data exists—not even a map. As a result, navigating them requires constant negotiation, deep local knowledge, and often the help of other riders, drivers, or simply word of mouth.

(D’après la page de présentation du projet sur le site du Civic Data Design Lab du MIT)

Astuce technique en vrac :

La configuration des scrollbars dans firefox. Pour avoir enfin des scrollbars visibles, lisibles, et utilisables

En jeu :

Cette semaine, juste une animation Greathelm, qui n’a pas attiré foule.

Visiblement, les weekends précédents les fêtes, les gens ont du temps à passer en ville à acheter des jeux, mais pas de temps pour venir jouer. Ceci dit, c’était une très bonne après midi de jeu, avec une bagarre de taverne dantesque entre trois groupes de chevaliers :)

(Mon orgueil se remet doucement d’avoir eu la moitié de mon équipe mise KO par des lancer de tabourets)